Une loi pour protéger l’eau potable : un scandale sanitaire et écologique à enrayer d’urgence

L’eau potable, ce commun vital, est en péril. Pesticides, perturbateurs endocriniens, produits chimiques interdits… Les rapports et scandales s’accumulent, révélant des niveaux inquiétants de contamination, et pourtant, le Gouvernement tarde à agir, au détriment de notre santé, de notre environnement et du budget des ménages et des collectivités. Le 20 février prochain, notre groupe parlementaire présentera une proposition de loi ambitieuse pour protéger durablement la qualité de l’eau potable.

La contamination est silencieuse, mais elle n’en est pas moins massive, et les coupables sont connus de longue date. Ainsi, des produits comme l’ESA-métolachlore, herbicide suspecté d’être cancérogène et reprotoxique, ou le chlorothalonil R471811, un fongicide interdit depuis 2020, continuent de contaminer nos ressources en eau. Plus grave encore, des substances comme le TFA, un PFAS perturbateur endocrinien, infiltrent nos nappes phréatiques et se retrouvent à la sortie de nos robinets.

La pollution par les pesticides représente la première cause de non-conformité de l’eau potable en France, et les conséquences sur la santé  sont catastrophiques, puisque la littérature scientifique les relie à des maladies comme Parkinson, des troubles hormonaux et des effets cocktails aux impacts imprévisibles. Pourtant, les contrôles restent inégaux d’un territoire à l’autre. Ce que l’on ne cherche pas, on ne le trouve pas.

Mais protéger les zones de captages, c’est aussi une mesure économique. En effet, dépolluer l’eau coûte 5 à 10 fois plus cher que prévenir les contaminations. Alors qu’aujourd’hui, la facture de la pollution aux pesticides s’élève déjà à 750 millions d’euros par an, les ménages pourraient voir leur facture d’eau doubler dans les années à venir. Mais, malgré les promesses du Gouvernement et le « plan eau » de 2023, aucune mesure concrète sur les captages n’a été mise en œuvre. L’Etat se rend coupable d’inaction et de mise en danger de la population.

Aussi, pour garantir une eau potable plus propre, sans danger pour notre santé, notre proposition de loi repose sur deux piliers. Protéger, en créant des aires d’alimentation autour de tous les captages d’eau potable, en imposant des actions pluriannuelles obligatoires et en interdisant, d’ici 2030, l’usage de pesticides de synthèse et d’engrais azotés minéraux autour des points de prélèvement sensibles. Contrôler, en renforçant la surveillance via les agences régionales de santé (ARS) avec une liste nationale de substances à rechercher, adaptée au contexte local.

En somme, cette proposition de loi est un appel à la responsabilité collective. Il ne s’agit pas seulement de protéger un commun, fut-il le plus important qui soit, mais aussi de défendre un droit fondamental. Refuser d’agir, c’est condamner nos enfants à payer le prix de nos renoncements. Le 20 février, nous prendrons nos responsabilités.

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