Ces dernières semaines, les inondations ont touché de nombreux territoires partout en France. Alors que la décrue se poursuit dans certaines zones, l’ampleur des dégâts reste encore en cours d’évaluation.
Mais une chose est déjà certaine : ces événements sont appelés à s’intensifier.
L’urgence est là !
Aujourd’hui, 2 communes sur 3 sont exposées au risque de débordement de cours d’eau et 1 Français·e sur 4 est concerné·e par un risque d’inondation. Sous l’effet du changement climatique, les épisodes de fortes précipitations deviennent plus longs, plus rapprochés, plus violents et plus fréquents.
Selon plusieurs projections, le phénomène pourrait encore augmenter de 6 % à 19 % d’ici 2050.
Le changement climatique est déjà là. Il intensifie les pluies extrêmes et accroît les risques de crues soudaines. Mais la gravité des inondations n’est pas seulement liée au climat : elle est aussi le résultat de choix politiques et d’aménagement du territoire.
Des choix politiques qui aggravent les risques
Depuis des décennies, les politiques publiques ont trop souvent favorisé des logiques qui accentuent la vulnérabilité des territoires :
– artificialisation massive des sols ;
– bétonisation des zones d’expansion des crues ;
– urbanisation en zones inondables ;
– dégradation des sols liée à certaines pratiques agricoles ;
– destruction des haies et des zones humides.
Résultat : les sols absorbent moins l’eau, le ruissellement s’accélère et les crues deviennent plus brutales. Les inondations ne sont plus seulement des catastrophes naturelles : elles sont aussi amplifiées par l’absence de politiques cohérentes de prévention et d’adaptation.
Et demain, qui pourra encore s’assurer ?
Avec l’intensification des inondations, les assurances sont en première ligne pour indemniser les sinistrés. Mais le modèle est sous pression : d’ici 2050, des dizaines de milliards d’euros de surcoûts sont attendus.
Conséquence : les primes augmentent et, dans certaines zones très exposées, les assureurs se retirent. Les collectivités sont de plus en plus fragilisées.
S’adapter, c’est donc aussi une question de justice territoriale et sociale : pour les finances locales et pour le pouvoir d’achat des habitant·es.
Prévenir plutôt que subir
Prévenir les inondations suppose de repenser en profondeur notre manière d’aménager les territoires et de gérer l’eau. Cela passe notamment par :
✓ restaurer les cours d’eau
✓ préserver les haies
✓ protéger les zones humides
✓ désimperméabiliser les sols
✓ appliquer réellement le Zéro Artificialisation Nette (ZAN), l’un des leviers majeurs de prévention.
C’est tout l’inverse que visent plusieurs offensives sénatoriales et textes gouvernementaux.
On ne peut pas parler de prévention, tout en s’opposant à ce qui la rend possible !
Le groupe Écologiste et Social mobilisé
Depuis des années, le groupe Écologiste et Social à l’Assemblée nationale alerte face à la urgence et porte un changement de cap clair pour prévenir les inondations, protéger les territoires et accompagner les populations.
🌊 Ralentir l’eau et lui redonner de la place
En entretenant et restaurant les cours d’eau pour limiter les crues. (Julie Ozenne)
🏠 Stopper la bétonisation qui aggrave le ruissellement
En défendant le Zéro Artificialisation Nette (ZAN) et en refusant la création de méga-bassines qui aggravent l’artificialisation et empêchent le stockage naturel de l’eau dans les sols. (Lisa Belluco)
🌳 Protéger les forêts et les sols
En luttant contre la déforestation pour limiter l’érosion et absorber davantage d’eau. (Marie Pochon, Dominique Voynet, Hendrik Davi)
🌱 Adapter notre agriculture
En soutenant des pratiques agricoles, comme l’agroforesterie, qui favorisent l’infiltration de l’eau en profondeur, réduisent l’érosion et renforcent la résilience des sols face aux sécheresses et inondations. (Benoît Biteau, Marie Pochon, Delphine Batho)
💶 Mettre enfin les moyens pour l’adaptation
En renforçant les financements dédiés à l’adaptation au changement climatique, pour les collectivités comme pour les ménages. (Eva Sas, Tristan Lahais, Jean-Claude Raux)
🏠 Renforcer la protection assurantielle face aux risques climatiques
En agissant sur l’assurabilité et le RGA (retrait-gonflement des argiles) pour éviter que ménages et collectivités soient laissés seuls face aux sinistres. (Eva Sas, Sandrine Rousseau)
🚒 Mieux se préparer aux crises
En renforçant l’anticipation, les moyens matériels et humains de la sécurité civile et l’accompagnement post-catastrophe. (Sandra Regol)
🌿 Renforcer les protections naturelles contre les inondations
En préservant et en replantant des haies pour freiner le ruissellement et protéger les terres. (Dominique Voynet, Marie Pochon)
📌 Donner un cap clair à l’action publique
En inscrivant dans la loi l’adaptation au changement climatique et la trajectoire de réchauffement de référence opposable à l’ensemble des politiques publiques. (Nicolas Bonnet)
Votre voix compte ! Venez témoigner
Derrière les chiffres des inondations, il y a des vies bouleversées, des dégâts concrets, des souvenirs perdus et des communes fragilisées.
Vous avez été confronté·e à une inondation ?
Vous vivez dans un territoire exposé et vous vous inquiétez pour l’avenir ?
Les coûts des assurances augmentent ? Votre activité ou votre commune sont menacées ?
Le groupe Écologiste et Social souhaite recueillir vos témoignages pour nourrir son travail parlementaire et porter la voix des territoires à l’Assemblée nationale.
Prenez la parole en quelques clics et partagez votre expérience.
Vos retours permettront de mieux défendre des politiques publiques à la hauteur des enjeux.
