Rejeté en commission, privé de tout consensus et pourtant maintenu à l’ordre du jour. Le gouvernement s’obstine à vouloir imposer son projet de loi constitutionnel sur la Kanaky – Nouvelle-Calédonie, au mépris du Parlement, du droit international et du peuple kanak.
Le groupe Écologiste et Social a voté contre ce texte. Et nous assumons pleinement ce choix.
En effet, ce projet de loi prétend apporter une solution à une crise profonde. Il en organise en réalité l’enlisement. L’accord de Bougival a été explicitement et solennellement rejeté par le FLNKS, représentant légitime du peuple premier kanak. L’accord Élysée-Oudinot qui vient le compléter a été négocié en son absence totale. On ne bâtit pas un avenir commun sur un accord que rejette l’un de ses principaux signataires.
Plus grave encore : lors des débats en commission, les macronistes ont osé nier toute réalité coloniale en Kanaky – Nouvelle-Calédonie. Nier l’histoire. Nier le droit international. Nier la résolution 1514 de l’ONU qui reconnaît sans détour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La Kanaky – Nouvelle-Calédonie figure sur la liste onusienne des territoires à décoloniser – le gouvernement et ses soutiens font comme si ce fait n’existait pas.
Ce texte vide l’autodétermination de toute substance : aucun référendum d’indépendance, des transferts de compétences verrouillés, et un chantage financier à peine voilé pour forcer l’acceptation d’un accord contesté.
On ne clôt pas un processus historique, une page de notre histoire commune, en ignorant ceux qui en sont au cœur. Nous ne nous y résoudrons jamais.
