L’adoption par la Knesset d’une loi rétablissant de fait la peine de mort contre des Palestiniens, dans des conditions dénoncées comme discriminatoires et contraires au droit à la vie, marque un saut supplémentaire dans la logique d’apartheid imposée au peuple palestinien. Ce texte étend la peine capitale, permet son prononcé par des tribunaux militaires en Cisjordanie, où le taux de condamnation des Palestiniens dépasse 99 %, et vise en pratique les Palestiniens au moyen d’un critère idéologique. La Cour internationale de Justice l’a dit clairement en 2024, mais la situation s’aggrave davantage : dans les territoires palestiniens occupés, les pratiques israéliennes violent le droit international et participent d’un régime d’apartheid.
Cette fuite en avant intervient alors que Benjamin Netanyahou fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI et que l’Union européenne a elle-même engagé le réexamen de l’article 2 de l’accord d’association UE-Israël, fondé sur le respect des droits humains.
Dans le même temps, Israël a annoncé ramener à zéro ses achats de défense en France en représailles à la décision française d’interdire le transit d’avions israéliens transportant des munitions destinées à la guerre contre l’Iran. Ce choix confirme une vérité simple, que notre groupe n’a de cesse de réaffirmer : il faut mettre fin sans attendre à toute dépendance française et européenne aux industries d’armement israéliennes. En 2024, l’Europe représentait 54 % des exportations d’armes israéliennes, soit près de 8 milliards de dollars. Ces importations alimentent une machine de guerre qui viole systématiquement le droit des conflits armés.
Face à ce nouveau palier dans l’horreur, la France doit cesser les demi-mesures. L’Assemblée nationale doit prendre position sans ambiguïté. Notre groupe a redéposé une résolution européenne pour demander des sanctions immédiates contre les responsables israéliens impliqués dans les violations du droit international, la suspension de l’accord UE-Israël, l’arrêt des importations d’armements et de toute coopération militaire, ainsi que le rappel de notre ambassadeur en Israël. Notre groupe porte ces demandes depuis des années : on ne commerce pas, on ne s’équipe pas, on ne coopère pas avec un État qui piétine le droit international.
