
Les parlementaires écologistes de l’Assemblée nationale, du Sénat et du Parlement européen expriment leur profonde inquiétude et leur vive condamnation à la suite du refus par les autorités françaises de délivrer un visa à Shawan Jabarin, directeur de l’ONG palestinienne de défense des droits humains Al-Haq.
Cette décision, répétée à deux reprises depuis septembre 2025, empêche un défenseur reconnu des droits fondamentaux de participer à des échanges essentiels auprès des institutions européennes, notamment devant le Parlement européen, et au sein de l’Assemblée nationale et du Sénat. Il était par ailleurs également invité au Quai d’Orsay ce qui rend cette décision totalement incohérente. Elle a aussi eu pour conséquence de retarder l’acceptation de son visa par d’autres pays : la Belgique et les Pays-Bas, où il devait se rendre dans le cadre de la sortie du prochain rapport de la coalition pour la Cour pénale internationale sur les mesures coercitives américaines.
Monsieur Jabarin est une figure majeure du mouvement international de défense des droits humains. Son organisation, Al-Haq, coopère notamment avec la Cour pénale internationale dans ses enquêtes sur des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Empêcher sa venue revient de facto à affaiblir les mécanismes internationaux de justice et à réduire au silence des voix essentielles, en particulier celles issues de la société civile palestinienne. Cela revient – aussi – à aligner la France sur les mesures de coercition imposées à l’encontre de son association par les USA et par Israël, en raison de son travail de lutte contre l’impunité.
Les parlementaires écologistes s’interrogent sur les motivations de cette décision du ministère de l’Intérieur, qui semble s’inscrire dans un contexte de pressions politiques internationales, visant certaines ONG palestiniennes mais aussi des juges européens.
Ils rappellent qu’un magistrat français de la Cour pénale internationale a lui-même été visé par ces mesures américaines pour avoir exercé ses fonctions en toute indépendance. Cette situation, d’une gravité inédite, aurait dû conduire la France à une réaction claire et ferme. Au lieu de cela, les incohérences s’accumulent. La France doit réaffirmer son soutien à la Cour pénale internationale et aux principes du droit international, et permettre l’accès à son territoire à celles et ceux qui y contribuent concrètement.
Ils appellent le gouvernement français à :
- revenir immédiatement sur ce refus de visa ;
- garantir la transparence des motifs ayant conduit à cette décision ;
- réaffirmer son engagement sans ambiguïté à la liberté d’action des organisations de la société civile palestinienne.
Ils appellent la France à rompre avec toute forme de complicité dans l’application de sanctions extraterritoriales américaines qui visent des organisations de défense des droits humains. En entravant l’accès aux visas comme aux circuits financiers ou numériques, ces mesures empêchent directement la capacité d’action des ONG sur le terrain.
La France doit au contraire garantir que ces organisations puissent disposer de moyens de paiement effectifs et sécurisés afin de poursuivre leurs missions, en conformité avec le droit international et les principes fondamentaux qu’elle affirme défendre.
