L’agriculture française est en crise. Pas une crise conjoncturelle, pas une mauvaise passe : une crise structurelle, profonde, qui broie des hommes et des femmes. Près d’un agriculteur sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, après plus de soixante-dix heures de travail hebdomadaire. En trente ans, le revenu net agricole a chuté de 40 % en euros constants. La France a perdu 100 000 fermes en dix ans. Ce n’est pas une fatalité : c’est le résultat d’un modèle qui a sacrifié les paysans à la compétitivité à tout prix, à la libéralisation des échanges, à la pression de la grande distribution.
Face à ce désastre, le gouvernement sort les mêmes vieilles recettes. Méga-bassines, méga-élevages industriels, dérégulation environnementale : stocker plus, produire plus, simplifier les « contraintes ». Ce texte repose sur une illusion : que les outils qui ont conduit l’agriculture dans l’impasse pourraient l’en sortir. Ce n’est pas une réforme, c’est une fuite en avant.
Nous, nous portons un autre projet. Des prix planchers contraignants, pas des expérimentations volontaires que personne n’est tenu de respecter. Une gestion partagée de l’eau, pas la captation d’un commun vital par une minorité d’irrigants intensifs. La protection des zones humides et des captages, la restauration du fonctionnement du cycle de l’eau, pas leur démantèlement au nom de la production. Et la transition agroécologique comme condition de survie de notre agriculture, pas comme un luxe réservé à d’autres.
Ce texte aggrave les causes de la crise qu’il prétend résoudre. Mais il sera examiné. Et ce débat sera le dernier débat agricole avant 2027 : il doit avoir lieu, dans sa totalité, avec le temps qu’il exige. C’est une réelle opportunité, et c’est pour cela que nous avons refusé qu’il soit contraint par un temps législatif programmé. Et c’est pour cela que nous ne ferons pas d’obstruction : nous serons là, à argumenter, amendement après amendement, pour défendre les paysans, les animaux d’élevage, la biodiversité, le climat, la terre et l’eau.
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