Six ministres mobilisés cet après-midi à Bercy pour annoncer un plan sans ambition, largement recyclé, incapable de répondre à la crise sociale et écologique que nous vivons. Le Gouvernement prend les Français·es pour des idiots.
Sur la « règle d’or » promise par Matignon sur la TVA : ce dispositif repose sur un postulat frauduleux. Il n’y a aucun magot côté recettes publiques, la balance TVA/accises est négative depuis février. Le vrai magot, il est dans les caisses de TotalEnergies, qui a engrangé 11,2 milliards de dollars de bénéfices en six mois. Le gouvernement le sait très bien : plutôt que de taxer les superprofits pétroliers, qui pourraient atteindre 24 milliards d’euros d’ici fin 2026 à l’échelle européenne, l’exécutif préfère scier la branche sur laquelle il est assis, et se saborder budgétairement.
Sur le chèque énergie : aucune nouveauté, la mesure était déjà annoncée il y a plusieurs semaines. Sur l’électrification des mobilités, réponse pérenne à notre dépendance aux fossiles : silence total.
Sur l’aide aux grands rouleurs : le compte n’y est pas. Un plein de 50 litres coûtait 83 euros en février, il en coûte 115 aujourd’hui, soit 32 euros de plus à chaque passage à la pompe. L’aide de l’État, c’est 100 euros, une fois. Autrement dit, l’État finance à peine trois pleins. Une infirmière libérale, un artisan, un·e salarié·e des zones rurales font bien plus de trois pleins en plusieurs mois.
Cerise sur le gâteau : pas une seule fois, dans ces annonces, les mots climat ou écologie n’ont été prononcés. Comme si la crise des carburants n’avait aucun lien avec notre dépendance structurelle aux fossiles.
Face à ce bricolage, le groupe Écologiste et Social porte un plan de rupture : « Réparer plutôt que subir, notre kit contre la vie chère et les crises énergétiques ». Taxation réelle des superprofits pétroliers, blocage des marges de raffinage, triplement du chèque énergie, parc social d’un million de véhicules électriques, gel des loyers, rénovation thermique à reste à charge zéro. Une réponse à la hauteur de la crise d’aujourd’hui, qui prépare aussi la résilience de demain.
