Depuis plusieurs jours, des lycéens et des lycéennes se mobilisent partout en France pour obtenir des professeurs devant leurs classes, des bâtiments dignes et des moyens pour leur éducation. « Des bureaux dorés pour vous, des lycées délabrés pour nous », pouvait-on lire sur une pancarte à Saint-Denis. La réponse du gouvernement tient en un mot : la répression. 625 interpellations mercredi, après 440 mardi.
Huit ans après la « classe qui se tient sage » de Mantes-la-Jolie, rien n’a été appris. Les violences sont un phénomène national, que nos député·es recensent et documentent pour leurs circonscriptions :
- À Tours, un lycéen hospitalisé après une blessure à la tête, possiblement causée par un tir de LBD tendu selon des témoins. L’IGPN est saisie.
- À Sevran, une charge de la garde montée, des élèves coursés sur des centaines de mètres, des insultes contre des jeunes, des professeurs et la proviseure adjointe, une mère d’élève touchée à la jambe par un tir de flash-ball. L’IGPN est saisie.
- À Orléans, une lycéenne touchée à l’oreille par un tir de LBD.
- A Grenoble, des agents de police qui affirment à des jeunes filles “qu’ils ne viendraient pas” si elles subissaient un vi0l.
- À Nanterre, Coulommiers, Lagny-sur-Marne, Dijon et Lyon, tirs tendus de grenades, plaquages ventraux et gaz en masse.
Le ministre de l’Intérieur juge « très proportionnel » l’usage des armes intermédiaires face à des mineurs. Le gouvernement veut étouffer la contestation par la force et la violence avant qu’elle ne grandisse, et faire passer des lycéens pour des casseurs. Nous disons non. Nous condamnons toute violence commise contre les élèves comme contre les personnels de l’Éducation nationale.
Le groupe Écologiste et Social demande au gouvernement d’écouter enfin la colère qu’expriment les lycéens et les lycéennes, de respecter, de recevoir et d’entendre leurs organisations syndicales sans délai, et de tout mettre en œuvre pour donner à l’Éducation nationale les moyens de mieux fonctionner : des professeurs devant chaque classe, des établissements rénovés, des conditions d’apprentissage décentes. Les lycéens demandent des moyens, des salles de classes décentes et des professeurs pour leur enseigner, le gouvernement leur envoie des boucliers et des LBD. C’est par le respect que l’on trouvera l’apaisement.
