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Non, Monsieur le Premier Ministre, le terrorisme n’est pas une rixe de rue

Après les propos de Sébastien Lecornu sur l’attentat de Trappes et La Verrière, les groupes Écologiste et Social et Gauche démocrate et républicaine rappellent qu’un acte terroriste ne saurait être confondu avec un fait divers.

Nous saluons la décision du Président de la République d’organiser un hommage national pour Pengo Bossio Wangi, hommage que nous appelions de nos vœux hier. Ce moment est attendu par nos concitoyens qui sont en danger. Notre République doit reconnaître les faits pour ce qu’ils sont : un acte planifié, organisé, préparé. Un acte terroriste.

Les mots ont un sens et celui de “terrorisme” exprime quelque chose de précis. Hier, en mettant sur le même plan la mort de Quentin Deranque, militant néonazi décédé au cours d’une rixe, et celle de Pengo Bossio Wangi, victime d’une attaque terroriste, raciste, islamophobe et négrophobe à Trappes, Sébastien Lecornu a commis une faute politique. Une faute politique inqualifiable, laquelle banalise le mal et alimente la perte de repères qui mène aux tragédies comme celle de Trappes et La Verrière.

Sous les yeux des familles des victimes, un Premier ministre a, pour la première fois en France, banalisé un acte terroriste ayant coûté la vie à un de nos concitoyen·nes, et blessé cinq autres personnes, dont une fillette de douze ans qui a été criblée de balles. Au moment même où la décence impose d’être au chevet des victimes de la tuerie de Trappes et de leurs familles, le Premier ministre leur a tourné le dos en niant l’abjection particulière de ce crime.

Cette banalisation est la marque d’un gouvernement sans boussole morale qui n’est guidé que par des réflexes politiciens.

Sébastien Lecornu a pourtant décrit la mécanique odieuse de cet acte et conclu que « cela s’appelle du terrorisme. », avant de retrouver son habituel discours opposant « l’ultra droite » à « l’ultra gauche » et de nier la particularité de ce crime : un crime dont l’auteur visait un massacre de masse. Hier, le Premier ministre n’a pas tenu son rôle de chef de gouvernement. Il s’est comporté comme un quelconque porte-parole de la macronie en campagne.

Sébastien Lecornu, lors de sa réponse au Président du groupe RN, n’a pas non plus eu un mot pour dénoncer la campagne de haine que ce parti continue de mener contre la ville de Trappes et ses habitants, qu’il qualifie  de « foyer djihadiste ». Le Premier ministre a alors préféré mettre en scène un esclandre en s’attaquant à la gauche.

« L’Etat sera à vos côtés », voilà ce qu’un chef de gouvernement, aurait dû dire, hier, aux victimes et à toutes celles et ceux qui pensent « cela aurait pu être moi ». Face aux terroristes, qui cherchent à fragiliser une partie de nos concitoyens, en les isolant par la peur et l’absence de soutien, la solidarité doit être sans faille.

Le racisme, propagé par l’extrême-droite, est au fondement de l’attentat de masse survenu à Trappes. En minimisant l’idéologie qui motivait le bourreau, Sébastien Lecornu laisse lâchement se propager les mots qui tuent. Faute d’excuses publiques, sa parole est disqualifiée et son autorité morale perdue à nos yeux.

Nous réaffirmons ici une chose simple : un fait divers aussi dramatique soit-il, ne saurait être comparé avec un acte terroriste destiné à propager la mort au service d’une idéologie politique.