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Discours d’Emmanuel Macron à l’ONU : ne rien céder, Monsieur le Président, en paroles et surtout en actes

À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, Emmanuel Macron a appelé à « ne rien céder » face aux injustices et à défendre le droit international. Nous partageons cette exigence, qui doit désormais se traduire en actes.

Ne rien céder face à la colonisation israélienne. Le Président de la République a raison : nous ne reconstruirons pas la confiance avec les pays du Sud en reproduisant les rapports de domination du passé. Mais on ne peut dénoncer les héritages de la colonisation et accepter dans le même temps qu’elle se poursuive sous nos yeux en Palestine. Puisque la France reconnaît l’illégalité des colonies israéliennes, elle doit en tirer les conséquences : rendre effective sans délai l’interdiction d’importation des produits issus des colonies, sanctionner celles et ceux qui participent à leur extension et porter cette interdiction à l’échelle européenne. 

Ne rien céder face à la guerre d’agression russe. La France ne peut appeler à la fermeté contre l’agression russe à New York et en même temps affaiblir  les sanctions européennes en demandant des exemptions pour certains oligarques. Nous demandons une ligne claire : aucun marchandage sur les sanctions, fin des exemptions qui en affaiblissent la portée et sortie complète des importations d’hydrocarbures russes. La France doit mettre fin aux importations de gaz naturel liquéfié russe et d’uranium sous contrôle russe, et porter la mobilisation du capital des avoirs russes gelés au profit de l’effort de guerre et de la reconstruction de l’Ukraine.

Ne rien céder face aux géants de la Tech. La France ne peut prétendre réguler l’intelligence artificielle et défendre notre souveraineté numérique, et en même temps dérouler le tapis rouge aux géants de l’IA. Nous demandons un moratoire sur les data centers qui hébergent des IA extra-européennes et une meilleure régulation des plateformes qui minent en profondeur notre débat démocratique.

Ne rien céder face aux sirènes de la Françafrique. La France ne peut parler d’un partenariat équilibré avec les pays africains à Ouagadougou et à Nairobi, sans condamner la complicité  des Émirats Arabes Unis et du Tchad dans les crimes racistes perpétrés au Soudan, sans dénoncer les atteintes répétés aux droits humains  en Guinée, au Togo, au Gabon

Ne rien céder face à notre propre histoire. Le 25 mars, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté par 123 voix une résolution reconnaissant la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé parmi les plus graves crimes contre l’humanité et appelant à avancer sur la justice réparatrice. La France s’est abstenue. Vingt-cinq ans après la loi Taubira, la reconnaissance ne peut plus se limiter aux commémorations. La France doit ouvrir un processus de justice réparatrice, avec les territoires ultramarins, les descendants des populations victimes et les États concernés.

Ne rien céder face à Trump. La France ne peut pas dénoncer la destruction systématique du multilatéralisme, de la solidarité internationale et des accords de Paris, et dans le même temps diminuer drastiquement l’aide internationale et la contribution de la France aux organisations internationales.

Monsieur le Président : ne rien céder, c’est agir sans tarder. Le groupe Écologiste et Social a fait plusieurs propositions en ce sens: 

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