
Le 20 février prochain, notre groupe parlementaire souhaite interdire le travail de nuit pour les salarié·es du secteur de l’entretien et du nettoyage. Les salarié·es de la deuxième ligne dont le travail a été salué pendant la crise sanitaire, continuent au quotidien d’assurer le nettoyage de nos bureaux, nos institutions, nos bâtiments publics, nos entreprises sans pour autant que leurs conditions de travail n’aient été améliorées depuis.
Pourtant, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal avait dit lui-même souhaiter mettre un terme aux horaires décalés pour les agent·es de nettoyage dans l’administration publique. Ainsi, ce texte est un engagement fort pour ces travailleuses et travailleurs invisibilisées, malgré leur rôle crucial dans notre société.
Des collectivités comme la Nouvelle-Aquitaine ont prouvé qu’il est possible d’organiser le nettoyage en journée. Les syndicats et même la Fédération de la Propreté soutiennent ces pratiques.
Le secteur du nettoyage est majoritairement composé de femmes – près de 80 % selon l’Insee souvent issues de l’immigration, qui travaillent dans des conditions parfois précaires, marquées par des horaires décalés, en soirée, la nuit ou le week-end. De ce fait, les travailleuses du nettoyage souffrent d’une invisibilisation sociale traduisant le manque de reconnaissance de notre société pour leurs métiers pourtant essentiels.
Ces rythmes harassants sont imposés, au détriment de leur santé, de leur vie familiale et de leur intégration sociale. Fatigue chronique, isolement, risques accrus pour la santé : ces conséquences sont connues de longue date et bien documentées par études et témoignages.
Notre proposition de loi imposera à tous les donneurs d’ordre, publics et privés, d’interdire le travail de nuit pour ces métiers. Cette avancée permettra d’améliorer concrètement les conditions de vie des salarié·es, tout en rendant leur travail visible, enfin reconnu à sa juste valeur. Il s’agit d’une mesure féministe qui permet de concilier davantage la vie personnelle et professionnelle des femmes largement représentées et encore trop souvent majoritaires à assurer le travail domestique et l’éducation des enfants. De plus, en permettant un travail plus stable et mieux rémunéré, cette mesure est aussi une mesure de lutte contre la précarité. Elle aura aussi des effets écologiques positifs : en favorisant l’accès aux transports en commun pour les déplacements professionnels, elle réduira l’usage de la voiture et la consommation énergétique liée aux horaires nocturnes.
Cette proposition est un premier pas vers l’amélioration des conditions de travail dans le secteur du nettoyage. L’enjeu des horaires de jour doit être appréhendé plus largement et articulé avec la question du temps partiel subi et un encadrement strict de la sous‑traitance.
Le 20 février, donnons une voix à celles et ceux qui en sont privés depuis trop longtemps, et remettons de la dignité au cœur de nos entreprises.
CHIFFRES CLEFS :
CARTE D’IDENTITÉ
DE LA PROPOSITION DE LOI

Protéger les travailleuses du nettoyage en permettant des horaires de travail de jour
Rapporteure : Sophie Taillé-Polian
Présentation du dispositif :
- Mesure de justice sociale pour les femmes, souvent issues de l’immigration
- Lutter contre l’invisibilisation des travailleuses précaires
- Amélioration des conditions de travail des salarié·es du nettoyage: protéger la santé, concilier vie perso / vie pro
- Lutte contre la précarité
Dossier législatif
