Souheil El Khalfaoui, jeune homme de 19 ans, a été tué par un policier le 4 août 2021 à Marseille lors d’un contrôle routier.
Depuis quatre ans, sa famille lutte pour obtenir justice, avec une patience et une détermination qui forcent l’admiration.
Depuis quatre ans, cette famille est confrontée à des défaillances graves et répétées de l’appareil judiciaire et des services censés faire la lumière sur les circonstances du drame. A la douleur de la perte de leur proche s’est ajoutée la violence d’une institution qui semble tout faire pour protéger le policier.
Comble des aberrations : le juge d’instruction a révélé que neuf pièces à conviction, contenant notamment les preuves vidéo, la balle mortelle et autres preuves clées, ont disparu de manière inexpliquée.
Lors de la séance de questions au gouvernement du 24 juin, notre groupe a interpelé le Garde des Sceaux. La gauche, unie contre cette injustice insupportable, a exigé et obtenu du ministre qu’une enquête interne soit menée pour expliquer la disparition des scellés. C’est un premier pas significatif, même si le combat pour la vérité demeure long.
A la famille, reçue hier à l’Assemblée, et à toutes les victimes passées, nous devons reconnaissance et vérité.
En notre qualité de législateur, nous devons aussi, sans attendre de nouveaux drames, revenir sur la loi Cazeneuve de 2017, qui banalise l’usage des armes par les agents de police, notamment en cas de refus d’obtempérer. La France est le premier pays européen qui compte le plus grand nombre de personnes blessées ou tuées par des tirs policiers. Il n’est pas normal qu’une partie de notre population craigne sa police. Il n’est pas normal que des contrôles policiers se soldent par des morts. La légitime défense ne doit plus être un permis de tuer.
Hendrik Davi
