L’examen du projet de loi de finances pour 2026 débute ce lundi en commission des Finances. Pour la première fois depuis 2022, le gouvernement a choisi de ne pas recourir à l’article 49.3 pour imposer son budget. C’est une bonne nouvelle pour la démocratie : le Parlement doit enfin pouvoir voter un budget, après avoir débattu, amendé, corrigé et amélioré la copie du gouvernement.
Mais la copie initiale présentée par le gouvernement Lecornu est un mauvais budget. En refusant de revenir sur huit ans de politiques de cadeaux fiscaux en faveur des plus riches et des grandes entreprises, il poursuit une stratégie d’austérité injuste et cruelle : 6 milliards d’euros de coupes dans les services publics, gel du barème de l’impôt sur le revenu et fiscalisation des indemnités journalières maladie. Pendant ce temps, la suppression anticipée de la CVAE prive les collectivités de 1,1 Mds € et les plus grandes fortunes restent épargnées.
Le groupe Écologiste et Social entend profiter de cette séquence budgétaire inédite pour remettre la justice fiscale au cœur du débat : faire contribuer davantage les grandes entreprises et les ultrariches à l’effort national, refuser que les classes moyennes et populaires paient seules la facture. Nous défendrons des amendements ciblés pour rétablir l’équité : abandon de la baisse de la CVAE, maintien de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises et le fret maritime au niveau de 2025, recentrage du Crédit impôt recherche (CIR) sur les PME réellement innovantes, réforme du pacte Dutreil pour mettre fin aux “héritages dorés”, hausse de la flat tax de 3 points de pourcentage, et instauration d’une taxe Zucman incluant les biens professionnels.
Cette première partie du PLF doit aussi permettre d’engager la sortie des “niches brunes” qui subventionnent encore la pollution : suppression des exonérations sur les carburants fossiles dans le transport routier, alignement de la fiscalité de l’aérien sur celle du rail, renforcement du malus poids sur les véhicules les plus lourds.
Fidèle à ses valeurs parlementaristes, notre groupe jouera pleinement le jeu du débat et du nécessaire travail transpartisan. Lucides sur le fait que ce ne sera pas notre budget qui verra le jour, nous voulons que cette séquence fasse émerger des compromis utiles, des ruptures nettes avec huit années d’injustice fiscale et d’austérité.
